Monday, 01 March 2010 06:16

Document de la Strategie de Croissance et de Reduction de la Pauvrete

Rate this item
(10 votes)

RESUME

 

L’élaboration du Document de Stratégie de la Croissance et de la Réduction de la Pauvreté (DSCRP final) s’est déroulée dans un contexte difficile, mais beaucoup plus prometteur, caractérisé par quelques effets positifs de la mise en oeuvre des actions préconisées dans la version intérimaire (DSRP-I). Avec l’appui de la communauté internationale, le pays sort progressivement du conflit, la réunification et la paix se consolident sur l’ensemble du territoire. Le processus politique a débouché sur l’organisation du référendum constitutionnel en décembre 2005, la promulgation de la constitution et de la loi électorale en février 2006. Inexorablement, la voie de l’organisation des élections législatives et présidentielles est balisée. Les efforts de sortie de la crise politique ont été doublés des réformes courageuses : réformes budgétaires et monétaires et (ii) réformes des secteurs-clés de l’économie nationale. En dépit de quelques ratés difficilement évitables en pareille circonstance, les réformes entreprises par le Gouvernement ont permis une nette amélioration de l’environnement macroéconomique. L’inflation est relativement maîtrisée, la monnaie nationale s’est stabilisée, le pays a renoué avec les taux de croissance positifs. En vue de consolider ces acquis et surtout d’améliorer leurs retombées sur le niveau de vie des populations, le Gouvernement entend poursuivre vigoureusement et intensifier ces réformes. Ceci lui permettra de maîtriser les effets des chocs conjoncturels et structurels d’origine interne et/ou externe, afin de répondre au rendez-vous du point d’achèvement de l’Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (I-PPTE) en 2007.

Le processus de l’élaboration du DSCRP final a été complexe et laborieux, mais le Gouvernement a tenu à ce qu’il soit rigoureux et systématique. L’objectif poursuivi était de disposer d’un DSCRP de qualité, dont le contenu est assimilé, internalisé et légitimé par l’ensemble des parties prenantes, dans un partenariat responsable. Du point de vue méthodologique, le processus a combiné les méthodes qualitatives et quantitatives pour : (i) faire le diagnostic de la pauvreté, (ii) définir la vision à long terme du développement, (iii) formuler la stratégie et (iv) élaborer le cadre et les mécanismes de la mise en oeuvre, du suivi et de l’évaluation des actions prévues dans la stratégie. La participation s’est déroulée à travers : (i) l’organisation des consultations sectorielles et thématiques et des études spécifiques ; (ii) l’implication systématique des organisations de la Société Civile dans le processus et plus particulièrement dans l’organisation des consultations participatives auprès des Communautés de base ; (iii) l’organisation des enquêtes qualitatives et quantitatives, (iv) l’implication des experts nationaux et des Ministères sectoriels, (v) l’organisation des ateliers de renforcement des capacités au niveau central et provincial et (vi) la participation des partenaires au développement.

Le diagnostic qualitatif et quantitatif établit sans équivoque le caractère multidimensionnel de la pauvreté. Certaines des dimensions sont tangibles et susceptibles d’être quantifiées, d’autres sont intangibles et ne peuvent être appréhendées que par des proxy. Les résultats de l’enquête 1-2-3 révèlent des taux de pauvreté monétaire (71,34 % de pauvres) et d’inégalité (Indice de Gini de 40 %) fort élevés et variables selon le milieu de résidence (61,49 % de pauvres urbains avec Gini de 40% contre 75,72 % de pauvres ruraux avec Gini de 36%), les provinces (celles de l’Est du pays sont les plus pauvres), les groupes socio-professionnels (surtout les secteurs informels), et les variables démographiques (notamment les couples jeunes et les personnes du troisième âge). Les indicateurs du développement humain (éducation, santé, accès aux biens et services socio-économiques), de la prévalence du VIH/Sida, du cadre de vie, et de la protection sociale, confirment non seulement le diagnostic ci-haut, mais établissent aussi, que la pauvreté en RDC est un phénomène de masse, généralisé, et chronique. Le diagnostic établit également que les facteurs individuels et collectifs qui expliquent la pauvreté et la vulnérabilité des populations sont notamment : (i) la structure de la famille ; (ii) le niveau d’instruction (chef de ménage, parents.) ; (iii) l’emploi et (iv) la province de résidence. De ce qui précède, la RDC atteindrait difficilement les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) d’ici 2015.

La vision du développement à long terme (Vision 26/25) a émergé du processus participatif comme le seul rempart autour duquel devrait s’appuyer la stratégie du DSCRP. Elle vise la construction d’une Société d’Espoir, fondée sur : (i) l’unité nationale et l’intégrité du territoire ; (ii) la sécurité, la justice, l’égalité et l’Etat de droit ; (iii) le travail, la richesses, la prospérité et le développement durable et (iv) la paix et la solidarité nationale. Sur la base de ces valeurs fondamentales, la société Congolaise cheminera, à l’horizon 2030, vers des taux de croissance à deux chiffres accompagnés d’une redistribution équitable de la richesse en vue de la réalisation des OMD. Quatre valeurs cardinales seront promues par cette vision, à savoir : un Etat de droit, un système de gouvernance décentralisé et une démocratie pluraliste et égalitaire ayant pour référence fondamentale l’homme façonné par la culture et modelé par une éducation libératrice. Cette dernière doit produire des citoyens libres, capables d’innover, de penser par euxmêmes et de transformer leur cadre de vie par l’entreprise des actions nécessaires pour leurs développements individuels et collectifs, et préparés à diriger le pays dans le souci majeur du bien communautaire. L’objectif est de hisser la RDC au niveau de développement humain des pays intermédiaires et de converger vers les objectifs du millénaire.

La stratégie adoptée par le Gouvernement s’adresse à cinq groupes de problèmes recensés par la population lors des consultations participatives auprès des communautés de base et le diagnostic posé sur la pauvreté monétaire pour légitimer le DSCRP dans la perspective d’atteindre les OMD. Elle s’appuie sur cinq piliers importants : (i) promouvoir la bonne gouvernance et consolider la paix par le renforcement des institutions ; (ii) consolider la stabilité macroéconomique et la croissance ; (iii) améliorer l’accès aux services sociaux et réduire la vulnérabilité ; (iv) combattre le VIH/SIDA et (v) appuyer la dynamique communautaire. Les stratégies de réduction de la pauvreté monétaire et humaines s’appuient sur une croissance économique forte et équitable d’une part, et sur la vision 26/25 dont la réalisation s’étale sur une génération de 25 ans, d’autre part. Cette croissance est fortement dépendante des conditions de paix et de sécurité et de la bonne gouvernance. La réduction de la pauvreté passerait par la redistribution équitable de cette croissance, conditionnée par des réformes politiques, institutionnelles et sectorielles destinées à renforcer la transparence et la décentralisation d’une part, et d’améliorer l’accès aux services sociaux de base, réduire la vulnérabilité et combattre le VIH/SIDA, d’autre part.

La mise en oeuvre, le suivi et l’évaluation du DSCRP nécessitent l’élaboration et la mise en place d’un cadre et des structures institutionnelles appropriées. A ce titre et à court terme, un accent sera mis particulièrement sur le renforcement des capacités de différents acteurs dans le domaine de l’analyse de la pauvreté, de la planification, du financement et de la mise en oeuvre des programmes et projets prioritaires de réduction de la pauvreté. La mise en oeuvre de la stratégie sera appliquée à travers un système de suivi-évaluation participatif organisé comme suit : (i) le suivi de l’exécution de la stratégie ; (ii) le suivi des indicateurs de la pauvreté, et (iii) l’évaluation de l’impact des politiques de la stratégie.

La mise en oeuvre du DSCRP est conditionnée à des contraintes tant endogènes qu’exogènes. Les facteurs qui peuvent gêner la réussite de la mise en oeuvre de la stratégie sont d’ordre sécuritaire et politique, institutionnel, économique et social.

Additional Info

  • Document type: Guidance material
  • External Link:
  • Country: Congo
  • Author(s): Unité de Pilotage du Processus d’Elaboration du DSCRP (UPPE-SRP)
  • Year: 2006
  • Learn more:
  • Document Topic: National Development Strategies
  • Resource Catagory: Country Systems
Last modified on Monday, 01 March 2010 06:42